Tout le monde dans la place!

Francés, Inglés

Une grande place au coeur de la ville.
Il est 20h00, le portique est prêt, le mât chinois, entre le bitume et l’étoile, se tient droit, fier comme un roi, le trapèze rêvasse en attendant son tour. Pas de vent. Pas de pluie.

 L’air nous donne une juste douceur.
Les minutes avancent vers Risque zérO. Le temps commence à avoir une autre saveur, la lumière des projecteurs nous propulsent en orbite.
les artistes s’agitent, ils sont dans leurs habits de piste, ils s’échauffent, il va falloir y aller, il va falloir donner.
Une par une les personnes arrivent. Parfois en famille. Ou avec leur compagnon canin. Petit à petit les personnes se placent. Certains sont là depuis longtemps déjà. Comme si elles pressentaient la foule. Le spectacle a été largement annoncé dans les journaux, Rio Cuarto sait que les petits français vont donner la représentation.
Il est 20h20. Le spectacle commence.
Risque zérO avance, et se dévoile. Sans pudeur, sans retenu, sans peur.
Le public grossit. Il est parfois loin d’eux. Il ne voit pas toujours. Mais il se tient là en plein vol d’un rêve de dingues gamins géniaux.
Le souffle coupé, la foule regarde.
L’ambiance est pourtant presque intime.
Malgré le micro nécessaire pour se faire entendre.
Sébastien et son personnage professoral est parfait avec cet instrument. Luc a rajouté des effets. Son numéro prend du corps et de l’ampleur. Il parle espagnol, ça lui va comme un gant. Il se régale. Et ça se voit. Et ça se sent.
Et je ris comme une enfant.
Nous, les petites françaises, on est assises là, cul contre cul. On se regarde. De la fierté. De la joie. On voit la foule. On en revient pas. C’est un moment de grâce. Un moment grandiose.
Sur la piste, ils sont bons. Ils s’amusent. Ils donnent avec tout leur coeur de rebelles généreux. Les gens semblent se dire avant chaque numéro «ce n’est pas possible, non…» et Si. Ils repoussent leurs limites. Ils repoussent les frontières du montrable, du possible, du pensable.
C’est l’annif’ de Lucile, ils lancent durant la représentation des clins d’oeil à la grande Dame.
2h après, le spectacle se termine. Les applaudissements. Les artistes couronnent Luciole.
Je regarde à côté, derrière, devant, au-dessus.
Ils sont au moins 1500.
Ils veulent les prendre en photo. Les toucher, les petits français. Pour certains des galap’, ils sont un peu emmerdés. Ils préfèrent la simplicité du calin ou du sourire à celle du flash qui éblouit. Pour d’autres, je crois qu’ils aiment bien ça, le flash, les filles qui sourient, et tout ça et tout ça…
A Rio Cuarto, en Argentine, hier soir c’était énorme. La fête pour l’anniversaire de Lucile a suivi. Nous étions une trentaine au moins chez Lian. Nous avons dansé jusqu’au bout de la nuit.
  Il y a des moments dans une vie où le temps est suspendu dans de l’amour pur et doux. Les mots sont un peu limités pour en parler. Je le fais quand même pour tenter de vous en donner la substance.
Et c’est sur cette note là que nous quittons demain au petit matin Rio Cuarto.
Nous continuons notre route.
Con mucho amor a ustedes.

émilie

 

 

 

 

 

 

ps: merci de tout coeur a vous de nous suivre et de nous faire vos retours; j’aurais l’air bien con a ecrire notre voyage pour personne… la, seule, devant l’ordi, sans accents, dans un cyber cafe!

 

 

 

 

 

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