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“Ecole western”

Dans le dossier du voyage c’était écrit : « Aller là où le cirque ne va pas ».
Chuca l’a lu, l’a vu. Ca lui a plu. C’est pour cela qu’il nous y a amené aujourd’hui.
Il est 8h du matin. Nous sommes tous dans les voitures. Nous partons de Rio Cuarto.
Très vite les routes deviennent un peu moins droite. Aucune habitation en vue.
Les vaches et les moutons trônent sur cette Terre que nous découvrons. L’atmosphère se transforme. La chaleur est lourde, et crée comme un engourdissement de nos esprits. Nous prenons de l’essence. Je crois que nous ne sommes plus très loin. Un homme à la station nous dit « vous êtes les français qui vont à l’école, n’est-ce-pas ? Bienvenue, bienvenue ! «
« Mais où va-t-on ? Qui sont les gens qui vont nous accueillir ? Où sommes-nous ? C’est quoi la vie des gens ici ? »
Nous faisons tous les jours des choses différentes, passionnantes. Des rencontres, des discussions se créent toujours et nous tentons d’en profiter le maximum. Il est difficile de préparer la suite. De nous intéresser à la prochaine étape. Nous savons quand même que nous allons dans une école. Chez les galapiats, seule Lucile est un peu plus au courant.
Chuca sait ce que nous allons vivre aujourd’hui. Il nous y amène sans trahir le mystère.
A quelques kilomètres de la station essence, nous prenons un long chemin de terre qui nous sabote le cul.
Imaginez.

Les voitures et leur gros nuage de poussière. La chaleur pesante. Il est 10h du matin. Tout à coup, au loin, vous apercevez des gens ou une ribambelle de personnes. Au dessus de leur tête une banderole « BIENVENIDO ». Vous vous approchez encore et vous voyez qu’il y a des enfants en cravate ou en robe “rose délavé” (qui est sûrement La robe de grand jour). Un homme tient un mégaphone et lance des mots qui cassent les oreilles mais qui foutent direct la boule d’émotion dans la gorge. Une dame excitée, folle de joie semble être la maîtresse. Des drapeaux tapissent la clôture du jardin de l’école.

Drapeau de Hollande. Du Mexique. De Finlande. De la France. De l’Argentine. L’homme et son mégaphone passe dans « la foule » et l’exercice est de dire notre prénom et le pays d’où l’on vient. Nous nous plions à la règle, ils ont tout organisé. C’est incroyable. Ils nous demandent de les suivre. Dans le beau jardin de l’école, il faut choisir une personne qui représente chaque pays dont nous venons. Lucho, Elice, Sébi, Lucile suivent la consigne avec timidité comme des élèves un jour de rentrée. Tous les enfants ainsi que les grands se mettent à chanter l’hymne de l’Argentine. C’est extrêmement protocolaire bien sûr. Mais putain ça fait chialer. Pendant le chant ils hissent, chacun leur tour, le drapeau de l’Argentine.

Une ambiance de western et de petite maison dans la prairie.
Rajouter cela à votre tableau et vous y êtes, là, avec nous, en Argentine dans une escuelita (petite école) de campagne dans laquelle seulement 8 enfants travaillent leur savoir avec une institutrice passionnée et une dame qui leur fait à manger et qui prépare le maté !
Ils nous invitent à entrer dans l’école. Il fait frais. Mmmmmm. Les murs sont épais. Le tableau est bien noir. Les tables et les chaises ont oublié de grandir.
Ils nous servent le thé. Le café avec ou sans lait. Le chocolat chaud ou le maté. Des journalistes sont là. Ca mitraille de photos.
Et, puis la dame pleine de joie dans son habit de maîtresse nous raconte l’Histoire. L’histoire de cette école vieille de plus de quatre vingt ans. Elle nous présente les 8 élèves, tous un peu frères et sœurs. Un homme, Fabian, l’était aussi il y a longtemps. Il est là, debout, fier. C’était lui tout à l’heure qui tenait le mégaphone. Fabian adore le cirque. Il est clown dans une fanfare ici. Il habite dans le village de la station service, Achiras. Il est toujours resté là.
Pour lui, c’est un rêve qui se réalise, il ne pouvait pas croire qu’un cirque, et venu de France, viendrait jusqu’ici. Jamais personne n’est passé dans cette école pour partager le cirque avec les enfants. Il veut que ce chemin de terre accueille maintenant tous les cirques de passage. Qu’ils viennent à Acharas comme ils viennent à Buenos Aires… ca lui donne des ailes…
Cela fait des semaines qu’ils préparent notre venue, l’école est décorée. Ils ont réussi à récolter des pesos grâce a la vente de petites mignardises argentines afin de payer la bouffe à treize français qui étaient de passage à la campagne. Et quelle bouffe mes amis, quelle bouffe ! Les animaux qu’ils nous mettent dans l’assiette et qui sont cuits sur l’énorme barbecue derrière l’école, broutaient tranquillement ce matin même dans le champ d’à côté, alors imaginez le délice…

Il est 15h. Dehors, des bonbons, glaces, et sodas voient arriver les parents et enfants conviés de 14 écoles de campagne voisines. L’ambiance « kermesse » s’installe ainsi que le mât, le portique, la musique. Il fait toujours très chaud, mais le vent devient fort. Tout le monde se protège de la poussière habituelle pour ici.

L’après-midi de cirque peut commencer. Le mât est de ce côté. La bascule, à l’entrée, ça va envoyer ! La corde au milieu pour Elice. Les amis de Rio Cuarto sont là, à chanter, à jouer avec nous.
Le public découvre, discute, se déplace, cherche l’ombre. En famille ils sont venus, ils boivent le maté bien sûr, tout en regardant les mecs et nanas de France, de Pologne, de Finlande/Mexique, de Hollande qui font leurs folies circassiennes. Ils les prennent en photo.
Des jeunes de 17/18 ans d’Archiras sont venus pour l’occas. Ils portent l’excitation de leur âge avec la convivialité et le sourire plein de lumière des gens de ce pays. Ils sont heureux d’ouvrir leur horizon, c’est ce que je sens. Ils sont fiers d’être d’ici. Ils aiment leur terre, et leur mode de vie. Ils ont envie de partager un moment de vie, de fête avec nous. Simplement. Nous passons toute la journée ensemble. Ils restent même le soir. Dans l’escuelita, pour partager l’agneau et les danses, et les chants. Quelle joie ! quelle fête ! quelle chance !
Nous passons une nuit dans ce coin paradisiaque. Afin de déguster encore leur soleil et puis leur rivière.

Pour certains, ce fut le plus beau moment de ce voyage.

J’aurais aimé que vous soyez tous là avec nous. Nos amis. Notre famille. De toutes vos origines et natures différentes.

Tout ce que nous vivons nous transforme. Imperceptiblement. Profondément. Vive les voyages!
…… 🙂

émilie

PS: un mot de toute l’equipe pour Odilon. Nous pensons fort a toi de nos contrees lointaines. Nous t’envoyons courage, force et sourires. nous aimerions venir te voir et t’aider a prendre soin de toi dans ce moment difficile. nous ne pouvons le faire, nous t’envoyons simplement ce mot gonfle d’amour et de solidarite.

Les galap’

Tout le monde dans la place!

Une grande place au coeur de la ville.
Il est 20h00, le portique est prêt, le mât chinois, entre le bitume et l’étoile, se tient droit, fier comme un roi, le trapèze rêvasse en attendant son tour. Pas de vent. Pas de pluie.

 L’air nous donne une juste douceur.
Les minutes avancent vers Risque zérO. Le temps commence à avoir une autre saveur, la lumière des projecteurs nous propulsent en orbite.
les artistes s’agitent, ils sont dans leurs habits de piste, ils s’échauffent, il va falloir y aller, il va falloir donner.
Une par une les personnes arrivent. Parfois en famille. Ou avec leur compagnon canin. Petit à petit les personnes se placent. Certains sont là depuis longtemps déjà. Comme si elles pressentaient la foule. Le spectacle a été largement annoncé dans les journaux, Rio Cuarto sait que les petits français vont donner la représentation.
Il est 20h20. Le spectacle commence.
Risque zérO avance, et se dévoile. Sans pudeur, sans retenu, sans peur.
Le public grossit. Il est parfois loin d’eux. Il ne voit pas toujours. Mais il se tient là en plein vol d’un rêve de dingues gamins géniaux.
Le souffle coupé, la foule regarde.
L’ambiance est pourtant presque intime.
Malgré le micro nécessaire pour se faire entendre.
Sébastien et son personnage professoral est parfait avec cet instrument. Luc a rajouté des effets. Son numéro prend du corps et de l’ampleur. Il parle espagnol, ça lui va comme un gant. Il se régale. Et ça se voit. Et ça se sent.
Et je ris comme une enfant.
Nous, les petites françaises, on est assises là, cul contre cul. On se regarde. De la fierté. De la joie. On voit la foule. On en revient pas. C’est un moment de grâce. Un moment grandiose.
Sur la piste, ils sont bons. Ils s’amusent. Ils donnent avec tout leur coeur de rebelles généreux. Les gens semblent se dire avant chaque numéro “ce n’est pas possible, non…” et Si. Ils repoussent leurs limites. Ils repoussent les frontières du montrable, du possible, du pensable.
C’est l’annif’ de Lucile, ils lancent durant la représentation des clins d’oeil à la grande Dame.
2h après, le spectacle se termine. Les applaudissements. Les artistes couronnent Luciole.
Je regarde à côté, derrière, devant, au-dessus.
Ils sont au moins 1500.
Ils veulent les prendre en photo. Les toucher, les petits français. Pour certains des galap’, ils sont un peu emmerdés. Ils préfèrent la simplicité du calin ou du sourire à celle du flash qui éblouit. Pour d’autres, je crois qu’ils aiment bien ça, le flash, les filles qui sourient, et tout ça et tout ça…
A Rio Cuarto, en Argentine, hier soir c’était énorme. La fête pour l’anniversaire de Lucile a suivi. Nous étions une trentaine au moins chez Lian. Nous avons dansé jusqu’au bout de la nuit.
  Il y a des moments dans une vie où le temps est suspendu dans de l’amour pur et doux. Les mots sont un peu limités pour en parler. Je le fais quand même pour tenter de vous en donner la substance.
Et c’est sur cette note là que nous quittons demain au petit matin Rio Cuarto.
Nous continuons notre route.
Con mucho amor a ustedes.

émilie

 

 

 

 

 

 

ps: merci de tout coeur a vous de nous suivre et de nous faire vos retours; j’aurais l’air bien con a ecrire notre voyage pour personne… la, seule, devant l’ordi, sans accents, dans un cyber cafe!

 

 

 

 

 

Variétés, Risque zérO et Bon anniversaire !

Aujourd’hui les amis c’est l’anniversaire de Lucile !!!
Nous allons lui faire sa fête…
Hier déjà nous avons commencé, même avant-hier, et aussi… bon ici c’est tout le temps la fiesta ! On se rend compte d’ailleurs qu’en France nous sommes sages, si sages…
Les artistes en ont le corps un peu fatigué. C’est vrai qu’il faudrait qu’on soit un peu plus raisonnables… mais ce n’est pas tous les jours qu’on est en Argentine, et puis ce n’est pas tous les jours qu’on fête ses 27 ans, et puis il y a Chuca, Lian, Jorge, Tamara, Caro, et puis nous sommes là tous les 13 : Gautier, Elice, Moïse, Sébas, Luc, Lucie, Emilie, Sébi, Nelly, Marine, Jonas, Lucho, Lucile ; on est trop heureux de fêter la vie autour d’un barbecue, d’une bonne (enfin de plusieurs…) bouteille de vin argentin, et puis de chanter en français, en castellano, et puis de danser en breton, en tango ou en cumbia… il faut nous comprendre… c’est pas tous les jours facile d’être raisonnable quand on est si contents !
Ici à Rio Cuarto tout le monde se plie en quatre pour nous rendre plus facile l’existence, qui n’est déjà pas très difficile ! La maison de Lian est ouverte (au propre comme au figuré). Nous nous retrouvons souvent très nombreux autour de la table. Ils font avec les moyens du bord et surtout avec ceux qu’ils sont. Et c’est pour ça que c’est si bon…
Hier, c’était la journée des variétés. Ici, ils en raffolent.
« Variété »c’est un moment de numéros de cirque, qui a une durée tout à fait élastique en fonction des propositions. Ce sont des moments forts car les Galapiats partagent la piste avec les circassiens d’ici. Enfants ou artistes professionnels, peu importe, l’idée c’est de faire du cirque ensemble, de mélanger les styles. Parfois nos galap’ accompagnent en musique les circassiens argentins, parfois c’est l’inverse.
Ils en ont fait deux hier. Une représentation sur une place de la ville, une autre dans un parc. Les variétés, c’est jamais les mêmes, le public, lui, est toujours à fonte les ballontes, que ce soit des enfants, des vieux, des artistes, des chauffeurs de taxi ou je ne sais quoi d’autres (boucher peut-être, oui il doit y avoir beaucoup de bouchers ici avec toute la viande qu’on mange !)
Elice a fait un magnifique numéro à la corde. Toujours avec la douce rock attitude qui la caractérise.
Ce sont des espaces qui nous permettent de faire autrement. Ce sont des moments dans lesquels on se dit « c’est juste pour le partage, pour jouer, pour passer du bon temps… », et bien ils sont beaux quand ils se foutent pas la pression nos artistes !
A la fin des variétés, c’est la « gorra » ou le chapeau pour qu’on puisse manger. C’est ça non la vie ? C’est bon de revenir aux bases, surtout pour nous dont l’essentiel est souvent assuré.
Aujourd’hui, ils jouent « Risque zérO » sur une grande place de Rio CuartO, ce soir à 20h.
Toute la semaine, dans chaque lieu, à chaque personne rencontrée, nous invitions les gens à composer le public de ce soir. « Un seul Risque ZérO donné ici, et c’est ce soir les amis. »
Le public peut être très nombreux, c’est une grande, grande place et c’est gratuit (ou à la fameuse « gorrrrrrrra ».)
Demain c’est mas o menos, journée OFF.
Car mardi matin nous reprenons la route. Chuca et d’autres restent avec nous pendant deux semaines encore.
Rio Cuarto c’est une étape.
Le groupe s’est transformé ici. Parfois avec plus de tensions. Au début surtout. Mais aujourd’hui, il me semble plus uni, plus joyeux.
Cela fait un mois que nous sommes ici. Nous n’avons pas fait la moitié du voyage. Il y a la place encore à de nombreuses prises de gueule suivies de belles réconciliations. 🙂
Des nouvelles de la panne : La voiture remarche ! Sans aucune intervention juste avec une bonne dose de soleil… Bon finalement c’était juste une toute petite aventure … Presque décevant comme incident !

La Fiesta de la Primavera !

En commençant ce petit texte je réalise que nous oublions presque qu’en France c’est l’Automne qui commence…
Nous restons à Rio Cuarto une semaine.
Notre présence ici commence par une belle fête dans laquelle les galapiats ont fait de la musique mais aussi bascule, trapèze, mât chinois et d’autres conneries à droite, à gauche. 
C’est la fête du printemps ! Elle est aussi importante que la fête de la musique en France. C’est comme une grande fête de village. De 14h à 19h la musique habille l’atmosphère d’une légèreté délicieuse. Les groupes de circassiens s’enchaînent avec une fougue et une envie qu’on a parfois laissés dans nos chaussures d’enfant… non ? Les couleurs de leurs costumes reflètent cette joie légère qu’ils nous offrent simplement à partager.
Nous, nos costumes sont plus sombres, et nos sourires ne sont pas inscrits forcément sur nos visages. C’est une autre culture. C’est différent tout simplement. Mais, de chaque côté (français ou argentin) nous sommes émus par nos copains circassiens…
Moïse a fait frémir les foules malgré la poussière et le glissement de terrain sur son mât chinois. Le public a ri aux éclats. Il a enflammé les visages. Ce public-là a encore la jeunesse frétillante dans la peau et ils s’en régalent nos galapiats !
Elice a fait lever les têtes et frissonner de peur ou de plaisir quand elle a poussé son cri de rockeuse ou de femme en colère tout en nous donnant la beauté de l’oiseau.
Pendant la bascule, ils étaient tous là. Accompagnés d’un groupe de musique d’ici. Et, entre les envols, les voilà qui sourient, qui dansent le reggae et qui chauffent la foule…
Yeah ! …
Et aussi : les stages et la panne de voiture : Bon ça n’a rien à voir, mais on le vit en même temps…
« Pendant deux après-midi venez partager le cirque avec Galapiat ! Venez, venez, Argentins, Chiliens, Colombiens ou Italiens ! Vous n’y croyez pas mais on est là, à Rio Cuarto, venus de France et même d’ailleurs, nous allons, pour vous, jouer notre spectacle mais aussi faire du cirque avec vous deux après-midis, faire « ba-balles » (et des inédits !) dans vos écoles pendant la récré, jouer du Piaf dans vos maisons de retraite… venez nous rencontrer les gars, on a pris l’avion, venez on parlera, on s’apprendra nos langues, nos esprits différents… et puis aussi on profitera de cette incroyable chance d’avoir pu un jour boire le même maté ! »
Bon, vous aimez bien ces quelques mots d’humanité, etc, mais vous attendez l’anecdote sur la panne. Je vous ai mis l’eau à la bouche…
Malgré le printemps fêté, le temps s’est rafraîchi tout d’un coup hier après-midi. Il n’a pas plu depuis 6 mois ici. C’est arrivé hier ! La route était inondée mais tout le monde l’a pratiquée, nous avons suivi les gens d’ici, normal non ?
Bon, en ce qui concerne le 4×4, no problem. Mais l’autre voiture n’a peut-être pas apprécié ce petit bain d’eau de pluie qu’on l’a invité à prendre. C’était la nuit. Nous allions manger chez un homme qui travaille pour le gouvernement (c’est incroyable comme phrase ça !).
Nous étions déjà très en retard, (et ouais !) quand la voiture s’est mise à tousser, et à ne pas supporter les ralentissements fréquents dus aux nombreux feux tri colores qui ornent le bord des routes. Et, puis ce que nous craignions est arrivé elle n’a plus redémarré… on a beau se raconter « yeah c’est l’aventure, on est en Argentine on est en panne, yeah ! », ça fait chier. On pensait inévitablement au « gouverneur » qui nous attendait, et puis ce froid soudain, et cette pluie vieille de 6 mois. On a beau dire, en Argentine ou ailleurs, une panne en pleine nuit dans le froid et sous la pluie c’ est un emmerdement.
Nous avons bien sûr essayé le coup de pousser la voiture. Sans succès.
Nous avions les meilleurs techniciens avec nous, Luc et Gautier. Ils n’ont rien pu faire…
Nous avons donc appelé « le président du gouvernement » pour lui expliquer la situation délicate que nous vivions. Cette panne nous donnait au moins un super prétexte de retard !
Le… mec du gouvernement est arrivé avec sa… camionnette, tranquille.
Il nous a ouvert la porte de sa maison (bien chauffée, ouf), nous a servi à boire. A fait cuire quelques saucisses que nous avons mangées en délicieux chori pan (ou sandwich saucisses) entre mayonnaise et ketchup dans un hangar vibrant de musique dance/techno.
Et bien sympa ce… « président de la saucisse » !!!
Soirée forte en sensations !
Je ne vous l’ai pas dit tout à l’heure mais nous avons préféré manger avant de nous occuper plus sérieusement de la voiture. Après le festin dansant, nous sommes allés faire le coup du « on te tire avec le bout de corde qu’on a dans la voiture (qu’est ce qu’il fout là le fil mou d’Elice ?) pour te ramener à la casa ! » et ça a marché ! Bon maintenant, elle attend qu’on s’occupe d’elle…

La suite dans le prochain épisode…

Après la douane, la panne !
Ces aventures chiantes mettent un sacré piment dans ce blog !

emilie

ps: il n’est pas toujours facile d’avoir un ordinateur ici et surtout d’aller sur internet. C’est pour cela que Seb ne peut pas mettre des photos regulierement et que je vous fais patienter parfois pour vous donner des news. Et la il n’y a aucun accent a la fin du texte car j’ecris d’un cafe internet… les claviers sont differents: ñ¡ 🙂

Adios Buenos Aires, Bienvenido a Rio Cuarto !

Rio Cuarto. Atterrissage dans la pampa.
10h de route. Un 4×4 de princesses avec un chauffeur à sa tête. Et, puis dans l’autre véhicule, ça chahute, ça se bat, y’a plein de gars !
Buenos Aires est derrière nous. Les personnes rencontrées, les moments partagés et toutes les images que nous avons de nos premiers moments en Argentine font partie de la ribambelle de souvenirs qui appartient à chacun…
Ligne droite après ligne droite, mais aussi mille champs transgéniques après, les deux voitures aux vitres fumées (ouais bon, on en est pas très fiers ) entrent dans Rio Cuarto…
C’est une ville (plutôt grande) et pourtant sortis de Bs As, il nous semble entrer dans un village rempli de maisonnettes.
Beaucoup de routes laissent encore respirer la terre. Mais toujours beaucoup de voitures.
C’est sûrement pour ces deux raisons que j’ai tout de suite envie d’appeler cet endroit « la ville de poussière ».
Lucile nous avait prévenu qu’ici, il y avait Chuca. Mais aussi toutes les attentes des habitants, des circassiens, et toute cette joie de nous accueillir. On a beau l’entendre, tant qu’on le vit pas…
On arrive dans un hangar qui sert de salle d’entraînement et de répétition à Chuca,( l’homme central ici qui s’occupe de l’organisation de ces trois futures semaines) ainsi qu’à tous ses acolytes. A l’entrée un panneau avec affichettes de risque zéro, mais aussi les articles déjà sorties annonçant notre venue (« des circassiens français viennent à Rio Cuarto c’est incroyable ! ») oh la vache ! avec des heures de route dans les pattes, de la fatigue dans la tête et le cul qui fait mal à cause de la voiture, ça fait un peu flipper… est-ce qu’on sera à la hauteur ?
Avant de tenter de relever le défi, nous avons un jour (et une nuit) de repos. Il nous propose de nous poser (quelques heures) dans la maison de ses parents à la campagne. Elle est à une heure d’ici. Nous y allons, pas tous, mais pour la plupart. Un endroit magique. Un village paumé dans la pampa. Une rivière juste à côté…. Waou…
Excepté le fait que Chuca nous prête la maison de famille pour nous reposer, il est prévu qu’il nous paye toute la bouffe pendant le séjour. Chuca, c’est pas un mec qui a du fric, (il vit dans son hangar), alors pour payer la nourriture de nous 13, il a joué au moins deux fois par jour son cabaret de cirque, et il ne s’est pas payé depuis un moment afin de mettre ces sous-là de côté… vous admettrez (peut-être) que ce n’est pas si facile à assumer…
Bien sûr nous sommes loin du luxe du tango, du country et du zen à Buenos Aires, nous dormons tous chez Lian( juste un mec trop sympa). Un jardin peut accueillir quelques tentes, et puis des matelas sont éparpillés dans sa grande maison. Mais aussi des habitants de quartiers périphériques n’arrêtent pas de nous lancer des invitations.
Chuca travaille pour un Circo Social lui aussi. Il fait un travail remarquable avec les enfants des quartiers. Et bosse surtout pour l’ouverture des habitants de Rio Cuarto. C’est pour cela qu’il nous fait venir avec son enthousiasme et sa gentillesse. C’est pour cela qu’il se prive de pesos, pour que quelques frenchies viennent risquer leur cirque, mais aussi bien d’autres artistes d’Argentine ou d’ailleurs.
Il est impossible de vous faire le portrait de toutes les belles personnes que nous avons la chance de rencontrer. Mais, je tente de vous faire partager leur état d’esprit, leur simplicité qui nous émerveillent tous les jours, et qui, bien sûr nous amènent indirectement à nous poser des questions sur nous même.
Nous découvrons le planning bien chargé d’ici. Chuca veut que le plus de monde possible nous voit, partage des moments avec nous. Nous sommes touchés de cela. Mais il est vrai qu’en découvrant le planning nous ne pouvons nous empêcher de rêver de moments vides qui nous laisseraient découvrir cette ville à notre façon.
Le groupe mène son propre rythme et chaque individu a son moment de désolation par rapport à lui. De plus, nous savons que les transports en commun plus rares ne nous permettent plus d’être autant autonomes qu’à Buenos Aires. Nous avons deux voitures, c’est beaucoup, mais ça nous demande d’être souvent ensemble. Les repères sont bousculés et c’est dans ces moments-là que nous avons tous besoin de façon différente d’être entendu, réconforté ou seul tout simplement.
Ici, ce n’est pas la même Argentine qu’à Buenos. La langue, par exemple porte un autre accent.
(C’était pourtant évident. Quand nous pensons à nos pays nous connaissons pourtant la diversité et la spécificité de chaque région. )
Bon, nous avons quand même quelques repères : le maté et puis la viande et puis tout ça.
Nous ne sommes pas partis pour un voyage mais bien pour plusieurs, je le réalise. Chaque lieu porte une histoire singulière. Les raisons de notre présence appartiennent à chaque personne qui nous accueille.
Lucile a fait un travail de titan ces derniers mois. On a beau le savoir mais quand on le voit, ça décoiffe…
Ce ne serait pas une grande, une très grande personne elle aussi ?!
On le savait pourtant mais là…

emilie